A la demande de France Nature Environnement (FNE), l’institut CSA a sondé les Français sur leur rapport à l’automobile. Résultats: près de la moitié (49%) des utilisateurs de véhicules motorisés estiment que le « budget d’utilisation » que cela représente est « trop élevé ». Cette charge est particulièrement ressentie chez les plus dépendants de la voiture: les actifs de 25 à 49 ans et les habitants des communes rurales.

Pour y remédier, les Français sont de plus en plus nombreux à envisager de changer. Ainsi, et toujours selon l’étude du CSA, 49% des utilisateurs de véhicules motorisés seraient prêts à passer à la location, si cela leur revenait moins cher. 52% d’entre eux pensent qu’une « amélioration sensible de l’offre en transport en commun » pourrait les ‘ »inciter à réduire l’utilisation de leur véhicule ». Dernier élément: 31% des actifs qui utilisent une voiture ou une moto se déclarent prêts à se rapprocher un jour de leur lieu de travail à cause du prix du carburant.

Ces résultats ne constituent pas une grande nouveauté. Mais ils confirment que les Français n’ont plus tout à fait le même rapport à l’automobile… et que la crise est un sérieux accélérateur de changement. Se servir d’une voiture ne signifie plus en être propriétaire; et l’idée d’arbitrer dans son budget transport, entre la voiture et les autres modes, se banalise. Cette approche raisonnée de la mobilité -qui reflète une prise de conscience du coût d’utilisation réel-n’est pas une évidence: des études ont en effet montré que les coûts de transports étaient bien souvent sous-estimés par les Français.

Penser mobilité et services

Michel Dubromel, vice-président de la FNE en charge des transports, se félicite de ces résultats. Ils sont en phase avec la remise en cause de la voiture individuelle, un classique pour les défenseurs de l’environnement, mais qui retrouve une actualité avec les questions de santé publique et de qualité de l’air. Pour autant, les débats prévus dans ce congrès dépassent largement la question automobile. L’intitulé des ateliers (sur la gouvernance de la mobilité, ses coûts, ses leviers d’action…) ferait presque songer à un congrès d’élus du transport. Les environnementalistes auraient-ils changé?

Michel Dubromel l’admet volontiers. « Avant, dit-il, nous abordions les questions de transport avec l’entrée énergie, et sous l’angle de l’impact des infrastructures sur les milieux. Mais le Grenelle de l’Environnement nous a amenés à discuter avec d’autres acteurs, et notamment les syndicats, qui posent les problèmes en termes de services. Le Grenelle nous a aussi conduits à réfléchir sur le SNIT (ndlr: schéma national des infrastructures de transport). Il ne faut plus penser en termes d’infrastructures, mais en termes de mobilité et de service ».

A ces débats participeront donc de nombreux experts et élus de tous horizons. On y croisera même -et c’est plutôt nouveau- le directeur du développement durable de PSA, Patrick-Henri Duchêne. Ce dernier avoue ne pas être surpris par le sondage sur les Français et l’automobile: « on est dans une période de crise et de pouvoir d’achat contraint. Et en même temps, les ménages ont des nouveaux besoins. Des arbitrages sont nécessaires », dit-il. Le phénomène dépasse la France, selon lui, et ne se limite pas à l’automobile: il affecte le mobilier, l’électro-ménager, etc.

Mais le nombre de ménages qui passent effectivement à l’acte, en optant pour d’autres formes d’usage de l’automobile, reste marginal, selon lui. « Les nouvelles formules de location s’adressent seulement à des populations jeunes, très urbaines, vivant dans des secteurs très bien desservis par les transports collectifs. Nous ne percevons pas de mouvement massif capable de générer de nouveaux business avant 2020 ou 2025 ».
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