L’Europe, mais également les Etats-Unis, connaissent une nouvelle vague de froid  en ce début de printemps, après plusieurs épisodes neigeux importants cet hiver.  Mais si l’on observe bien les données, c’est une tendance qui s’installe. En effet, pour la quatrième année consécutive, l’hémisphère nord connait des hivers marqués par d’importantes chutes de neige. Et, alors que certains se moquent du réchauffement climatique sous leurs grosses doudounes, quelques climatologues voient justement dans ce phénomène l’illustration de ce réchauffement.

Le réchauffement serait en effet à l’origine de la fonte de la banquise arctique en été. Or, c’est justement cette fonte qui serait responsable d’importantes modifications dans la circulation atmosphérique dans l’hémisphère nord. Pour Dim Coumou, climatologue à l’Institut Postdam pour la recherche sur le climat, « le lien est de plus en plus clair, je pense, même si la science n’est pas totalement fixée à ce sujet« .

Un froid qui s’installe ?

Globalement, certains avancent l’idée que durant la banquise réduite reflète de moins en moins les rayons du soleil et la mer se réchauffe. A l’Automne, la chaleur emmagasinée se relâche graduellement dans l’atmosphère, et augmente alors le taux d’humidité et la pression atmosphérique, modifiant les échanges ‘arctique – atlantique nord’ et influençant alors directement le temps de l’hémisphère nord. « C’est ce qui affecte actuellement le jet stream et ce qui conduit à la météo extrême que nous observons à des altitudes moyennes. Cela permet à l’air froid venant de l’Arctique de plonger plus au sud« , indique Jennifer Francis, professeur chercheur au Rutgers Institute of Coastal and Marine Science dans le Guardian.

« On a eu quelques hivers (en Europe) avec des épisodes froids plutôt courts, de 10 à 30 jours, durant lesquels on a constaté ce système de hautes pressions. Cela a été la même chose sur l’Amérique du nord continentale avec des épisodes similaires et assez bizarres de froid, mais plus courts« , explique de son côté Dim Coucom à l’AFP.

Les hivers à venir vont-ils alors être tous aussi froids ? « Les changements qui s’opèrent sur la banquise augmentent la probabilité que l’air froid arctique s’enfonce plus au sud« , confie à l’AFP Charles Greene, professeur des sciences de la terre et de l’atmosphère de l’Université new-yorkaise Cornell. « Mais il est moins évident de prédire quelles régions vont être touchées. On ne sait pas bien encore comment ce phénomène interagit avec d’autres éléments du système climatique, comme el Nino ou la Nina« , ajoute-t-il. Une théorie qui fait débat au sein des experts.

 

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