45 % seulement des entreprises de plus de 500 salariés et 1/3 des collectivités de plus de 50 000 habitants visées par l’article 75 de la loi Grenelle II qui rend obligatoire la réalisation d’un bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre  (BEGES) sont en règle. La règlementation a certes joué un rôle clé dans l’évolution du nombre de bilans réalisés si l’on en croit l’Observatoire des diagnostics GES (1), puisque 43% des premiers bilans ont été réalisés en 2011, mais le respect de la législation n’arrive qu’au deuxième rang (28%) des raisons invoquées pour la réalisation du premier diagnostic, bien après l’engagement environnemental de la direction (42%)… Le modeste nombre de structures en conformité avec la loi pose tout de même question au regard des enjeux climatiques mais aussi des bénéfices que les entreprises peuvent retirer d’une évaluation de leurs émissions de gaz à effet de serre.

Un outil favorisant la création de valeur au sein de l’entreprise

« On constate que réaliser un diagnostic GES est un puissant levier de changement », affirme en effet Michel Havard, le président de l’Association Bilan carbone, au vu des résultats du rapport 2013 sur les pratiques et résultats des entreprises en termes de management des émissions GES. Ainsi, selon l’Observatoire des diagnostics GES, la démarche est largement ressentie comme créatrice de valeurs économiques, environnementales et sociales. 70% des entreprises interrogées– dont 71 % ont eu recours à la méthode Bilan Carbone®, 13% la méthodologie de l’article 75 et 16 % une autre méthode (voir encadré)- sont d’accord avec le fait que le diagnostic GES permet d’impliquer toute l’entreprise dans un projet fédérateur et 65% estiment qu’il permet de contribuer à l’innovation. Sur le plan environnemental, la majorité des entreprises y voit un très net retour sur investissement en termes de réduction des consommations énergétiques tertiaires, particulièrement en ce qui concerne les bâtiments mais aussi des équipements énergivores. Par ailleurs, 54% des entreprises affirment que la réalisation de ce diagnostic permet de créer de la valeur économique et 49% qu’il leur permet de repenser en profondeur leur activité sur le long terme.

Le diagnostic GES est souvent une première étape : 89% des entreprises interrogées mènent ou ont prévu de mettre en place des mesures environnementales complémentaires. Cependant, paradoxalement seules 26% des entreprises interrogées systématisent des outils opérationnels de pilotage (budget, comptabilité carbone, logiciel de collecte et de pilotage, vérification par des tiers), ce qui limite tout de même la portée de leur engagement. Les entreprises demandent d’ailleurs davantage de structuration de la démarche ainsi qu’une clarification de la méthodologie de l’évaluation.

(1)   Source : Observatoire des diagnostics GES, Ethicity (groupe Greenflex) et Association Bilan Carbone®. Enquête en ligne et téléphonique réalisée entre le 20 décembre 2012 et le 7 février 2013 avec un panel de 142 entreprises de moins de 50 salariés à plus de 5000 salariés.

 

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