1. Le diesel pollue moins que l’essence

Le gazole contient 10% d’énergie en plus par rapport à l’essence, et émet donc 10% de CO2 de moins par litre consommé, rappelle Le Figaro.fr. Par conséquent, le diesel serait moins polluant que l’essence. Ce qui explique pourquoi les acquéreurs de voitures diesels sont récompensés par un bonus, grâce au système de bonus-malus.

Vrai et faux à la fois. Les deux carburants polluent, mais d’une manière différente. Si les moteurs diesels émettent effectivement moins de CO2 que les moteurs à essence, il faut rappeler que le CO2 n’est pas le seul élément responsable de la pollution atmosphérique. « Le dioxyde d’azote [est] rejeté en plus grand volume par un bloc diesel que par un moteur essence », explique Yahoo.fr.

 

 2. Le diesel est responsable de 40 000 morts par an

« Il y a aujourd’hui 40 000 décès prématurés chaque année liés à la pollution de l’atmosphère et une des raisons de la pollution de l’atmosphère dans les grandes villes notamment, c’est le problème du diesel et notamment des vieux véhicules au diesel », a alerté la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho, samedi 2 mars.

Un peu exagéré. En juin 2012, l’Organisation mondiale de la santé (lien en anglais) a tranché : les particules fines contenues dans les gaz d’échappement des moteurs diesels sont cancérigènes, suspectées d’être responsables d’allergies et de maladies cardio-pulmonaires. « Là où les opposants vont trop loin, c’est lorsqu’ils affirment que le diesel est responsable des 40 000 décès, là où l’étude de l’OMS évoque les particules fines en général », explique Europe 1. Or les particules fines ne sont pas émises seulement par les voitures diesels, mais aussi par le chauffage au bois et les fumées des usines. « Les transports ne représentent que 14% des émissions, selon le ministère de l’Ecologie », rapporte Europe 1.

 

 3. Le diesel est moins cher que l’essence

Grâce aux avantages fiscaux dont il bénéficie, le diesel est le carburant le moins cher en France. La taxe sur les carburants est de 43 centimes par litre pour le gazole, contre 61 centimes pour l’essence, rappelle Le Parisien. Résultat, à la pompe, le diesel coûtait en février 1,40 euro le litre, contre 1,60 euro pour le SP 95 et 1,65 euro pour le SP 98. Or le type de carburant est un des critères les plus importants lors de l’achat d’un véhicule. « Les Français sont prêts à débourser de 500 euros à 2 000 euros de plus pour l’acquisition d’un modèle diesel », explique le magazine auto L’Argus.

Moins cher certes, mais moins rentable. Si le gazole est moins cher, les voitures diesels ne sont pas forcément une bonne affaire. Selon une étude de l’UFC-Que Choisir rapportée par Autonews.fr, un véhicule diesel devrait rouler au moins 20 000 km par an pendant plusieurs années pour permettre de faire des économies par rapport à un véhicule à essence. Or, près des trois quarts des détenteurs de voitures diesels (71%) ne roulent pas autant. De même, comme le souligne L’Argus, « le budget automobile d’un ménage ne se résume pas au poste carburant ». Etant donné que les tarifs d’assurance et les coûts d’entretien des modèles diesels sont plus élevés, « sur ces points, l’essence remporte le bras de fer », relève le magazine.

 4. « Attaquer le diesel, c’est attaquer le made in France »

« Notre souhait est de trouver une formule qui n’attaque pas le diesel : attaquer le diesel, c’est attaquer le made in France, car nous sommes les meilleurs en diesel », a martelé le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, dimanche 3 mars.

Oui, si on parle de l’industrie automobile… mais non, si on parle de l’industrie du raffinage. En France, le parc diesel est le plus important d’Europe. « Cette spécificité française prend ses racines dans les années 1980, avec une décision gouvernementale d’alléger la fiscalité sur ce carburant pour avantager les entreprises et leurs véhicules utilitaires. Les constructeurs automobiles se sont alors précipités sur ce créneau, tout comme les particuliers », explique Jean-Paul Chapel, du service économie de France 2.

En revanche, l’industrie française du raffinage produit trop peu de gazole et trop d’essence par rapport à la consommation actuelle. « Dans une opération de raffinage de pétrole brut, on ne peut faire varier la proportion des produits obtenus selon les besoins, pour obtenir par exemple plus de gazole et moins d’essence », explique Slate.fr. L’importation du gazole coûte chaque année « 13 milliards d’euros de déficit à la balance commerciale, car les raffineries françaises n’en produisent pas », a rappelé Delphine Batho sur le plateau de France 3.

 5. Avec les filtres à particules, on ne risque rien

« Si on veut efficacement traiter la qualité de l’air, il faut s’attaquer au renouvellement du parc ancien des diesels avant la généralisation des filtres à particules », estime un porte-parole de PSA Peugeot-Citroën, cité par L’Humanité.

Faux. Le diesel a fait quelques progrès grâce aux filtres, mais les microparticules dangereuses sont toujours présentes. Une prime pour la conversion représenterait une aubaine pour les constructeurs français, qui vantent déjà leurs filtres à particules, généralisés par exemple sur les voitures neuves de PSA en 2011. Le site Consoglobe estime pourtant que « même en faible quantité absorbée, les microparticules font de graves dégâts ». Delphine Batho a elle aussi évoqué « un problème avec les nouveaux moteurs qui émettent des particules encore plus fines et du NOX [oxydes d’azote, définis comme des toxiques par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique], qui pose problème aux enfants asthmatiques ».

 

Source