L’association Rejoué collecte plus de 33 tonnes de vieux jouets par an, en répare les deux tiers qu’elle vend à petits prix. Une manière de lutter contre la surconsommation, surtout en période de Noël, d’employer des personnes en insertion et de donner accès aux jouets aux plus pauvres.

L’association Rejoué collecte chaque année plus de 33 tonnes de jouets qu’elle répare.
©Rejoué

C’est un peu un paradis des enfants (et des adultes). Des Action Man côtoient des PlayMobil, des Kapla, des poupées et même des Licornes. Bienvenue chez Rejoué. L’atelier de cette association, installée dans les 2000 mètres carrés des anciens locaux de La Poste à Vitry-sur-Seine (Val de Marne), est spécialisé dans la revalorisation de vieux jouets.

« Chaque seconde, un jouet part à la poubelle alors qu’il pourrait être remis en circulation », explique Nathalie Ourry, directrice de Rejoué. « Nous les récupérons et leur donnons une seconde vie. Cela évite de créer encore plus de déchets et d’aller chercher de la matière première ».

33 tonnes de jouets par an sont collectées par l’association

Ici, Rejoué collecte plus de 33 tonnes de jouets par an. Au sous-sol, où s’amoncellent les cartons – surtout en période de Noël – les jouets sont triés selon leur état et leur type. Ils remontent ensuite au premier étage où une équipe s’occupe de les nettoyer grâce à des produits respectueux de l’environnement : du bicarbonate et du vinaigre blanc. « On ne garde que ceux conformes aux normes européennes », précise Nathalie Ourry.

Ensuite, direction le secteur composition et réparation. Claire* s’affaire à retrouver les bras d’une poupée –jouet très prisé, nous précise-t-elle- quand Zina* recompose une maison de Playmobil, la notice sous les yeux. « Le but est que le jeu soit complet », explique-t-elle. Cette jeune Yéménite fait partie des 20 salariés en insertion professionnelle dans l’atelier.

Les entreprises jouent le jeu

L’association leur propose des contrats de 6 mois à 2 ans et les accompagne dans leur projet professionnel. Zina souhaite, par exemple, devenir professeure d’anglais. « D’autres n’ont pas encore d’idée précise. On va leur proposer des stages avec nos entreprises partenaires », explique Nathalie Ourry.

Car en plus des deux boutiques de Rejoué situées à Vitry-sur-Seine et Paris (14ème), des entreprises achètent certains stocks pour les fournir gratuitement à des associations s’occupant d’enfants. En période de Noël, certaines entreprises proposent de les vendre directement à leurs salariés. Un moyen de les sensibiliser à la surconsommation.

« La grande distribution n’est pas prête à vendre nos jouets »

« C’est important de consommer autrement », avance Nathalie Ourry, « en sensibilisant les enfants qui vont donner leurs jouets, mais aussi les adultes qui vont aller racheter ces jouets de seconde main, à petits prix ». En règle générale, les jouets sont venus à moitié prix.

Reste encore à changer d’échelle car « pour l’instant, la grande distribution n’est pas encore prête à vendre nos jouets », glisse la directrice de l’atelier. Mais « le prochain objectif de Rejoué est de monter une filière du réemploi du jouet au niveau national ».

En attendant l’association se prépare à un flux tendu de dons. Avant Noël, un élan de solidarité pousse les consommateurs à donner leurs vieux jouets, et après Noël, « ils font le tri dans leur armoire pour gagner de la place. Et ça nous arrange ! ».

*Tous les prénoms ont été modifiés

© 2017 Novethic – Tous droits réservés