Régulièrement critiquée pour sa politique anti-voiture, Anne Hidalgo est à la tête d’un mouvement mondial qui entend bannir les voitures polluantes des villes. Ce lundi 23 octobre, 12 maires de métropoles comme Los Angeles, Quito ou Le Cap, ont pris des engagements pour transformer les modes de déplacement sur leurs territoires et lutter contre la pollution atmosphérique.

À partir de 2019, Barcelone interdira aux voitures vieilles de plus de 20 ans de circuler pendant les jours de semaine.
Concepcion Alvarez

Un tiers des émissions de gaz à effet de serre provient des transports dans les 91 grandes villes du monde qui composent le C40, le collectif des maires présidé par Anne Hidalgo. La congestion sur nos routes coûte en moyenne près de 1 % du PIB dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la France ou encore l’Allemagne. Et la pollution de l’air est responsable de 4,5 millions de décès prématurés chaque année à travers la planète.

Face à ces chiffres alarmants, 12 maires de métropoles – Paris, Londres, Barcelone, Quito, Vancouver, Mexico, Copenhague, Seattle, Le Cap, Los Angeles, Auckland et Milan – se sont engagés, ce lundi 23 octobre, à faire de leurs villes des zones à zéro émission d’ici à 2030. Comprendre : sans aucuns véhicules thermiques, essence comme diesel.

Les vieilles voitures bannies à Barcelone

Ces engagements interviennent quelques jours après l’annonce par la mairie de Paris d’interdire les voitures à essence dans la capitale à horizon 2030 et les voitures diesel dès 2024. Anne Hidalgo, régulièrement taclée, n’est désormais plus seule. « À Paris, 9 personnes sur 10 ne prennent pas la voiture pour aller travailler, mais ce ne sont jamais eux qu’on entend. Il faut comprendre que si on ne prend pas ces mesures, nous aurons les mêmes débats dans 30 ans, avec les morts de la pollution en plus », défend l’édile parisienne.

Londres et Milan ont par exemple instauré un péage urbain et la capitale anglaise va même, à compter de ce 23 octobre, taxer plus lourdement tous les véhicules en circulation ne respectant pas la norme d’émissions en vigueur. De son côté, à partir de 2019, Barcelone interdira aux voitures de plus de 20 ans de circuler du lundi au vendredi afin de réduire les émissions de CO2 de 30 %. Et ces véhicules seront déjà exclus des routes pendant les pics de pollution, à compter du 1er décembre prochain. D’après le conseil municipal catalan, l’initiative concernera près de 7 % du total des voitures de la région.

« Nous allons également augmenter les surfaces vertes d’un mètre carré par habitant et multiplier par trois les pistes cyclables, complète Ada Calau, la maire de Barcelone, lors d’une conférence de presse à Paris. Je suis persuadée que les villes et les femmes seront le moteur du XXIe siècle. » « Les maires sont visionnaires et concrets, renchérit Anne Hidalgo. Seulement nous avons perdu l’habitude de voir des politiques faire ce qu’ils disent, mais peut-être que c’est une bonne habitude à reprendre et que nous arriverons au final à mieux vivre. »

« Je vais suivre l’exemple de Paris au Cap »

Et il n’y a pas que les grandes villes du Nord qui s’engagent. Les maires du Cap (Afrique du Sud), de Quito (Équateur) ou encore d’Auckland (Nouvelle-Zélande) étaient présents dans la capitale française pour témoigner de l’ampleur de la prise de conscience. « Nos villes ont été dessinées pour les voitures, mais j’ai vu ce week-end à Paris que les routes pouvaient être dédiées aux citoyens. Je vais suivre votre exemple ! » raconte Patricia de Lille, maire du Cap.

Ces 12 maires entendent ainsi mener des politiques « centrées sur les personnes » en redonnant leur place aux piétons et aux cyclistes. Ils s’engagent également à acquérir des bus à zéro émission à partir de 2025 et des flottes municipales propres le plus rapidement possible. Par ailleurs, elles rendront compte publiquement tous les deux ans des progrès réalisés sur leurs objectifs et la réduction de la pollution atmosphérique. « Nous ne pouvons plus nous contenter de l’approche ‘penser global, agir local’ qui représentait la révolution d’hier. Nous estimons qu’en réfléchissant à l’échelle locale, nous pouvons mieux agir au niveau mondial, il s’agit de la révolution d’aujourd’hui », conclut Anne Hidalgo.

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