BNP Paribas devient la première banque française à exclure les énergies fossiles non conventionnelles. Et la première au monde à renoncer aux projets d’exportation de gaz et pétrole de schiste. C’est ce qu’elle a annoncé ce mercredi 11 octobre. Elle exclut également les projets d’exploration en Arctique et le pétrole issu des sables bitumineux alors qu’une mobilisation internationale vise en ce moment 4 projets de pipelines outre-Atlantique dont la construction entraînerait des impacts dévastateurs sur le climat.

BNP Paribas ne financera plus les projets d’exportation de gaz de schiste ou de pétrole issu des sables bitumineux.
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Au lendemain de l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi qui met fin à l’exploitation des hydrocarbures en France, BNP Paribas va plus loin. Elle prend de nouvelles mesures excluant les énergies fossiles non conventionnelles : sables bitumineux, gaz de schiste et forage en Arctique. C’est la première banque française à le faire et la première au monde à exclure les projets d’exportation de gaz de schiste. La banque néerlandaise ING avait quant à elle dit non aux sables bitumineux en juin dernier.

Depuis plusieurs mois, BNP Paribas était dans le viseur des ONG, qui saluent aujourd’hui ces annonces. « BNP Paribas fait preuve d’un vrai leadership avec ces nouvelles annonces, c’est une grande nouvelle pour le climat et une énorme victoire pour les groupes qui se sont mobilisés aux côtés des populations amérindiennes en première ligne des impacts des projets de sables bitumineux et de gaz de schiste outre-Atlantique » réagit Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée des Amis de la Terre France.

Stop aux pétrole et gaz de schiste et aux sables bitumineux

Dans le détail, BNP Paribas précise qu’elle ne financera plus de pipelines qui transportent majoritairement du gaz et du pétrole de schiste ou issu des sables bitumineux. La banque s’était notamment retirée du très contesté projet du Dakota Access Pipeline après une forte contestation de la société civile mais aussi d’une coalition de 130 investisseurs responsables. Elle précise également cesser toute relation avec les acteurs centrés sur ces activités.

Par ailleurs, elle ne financera plus non plus de projets d’exploration ou de production de gaz et de pétrole en Arctique. Là aussi, le risque réputationnel a été pris en compte par la banque. Le Crédit agricole avait pris un engagement similaire dès 2012.

Enfin, BNP Paribas assure qu’elle ne financera plus de terminaux LNG (gaz naturel liquéfié) qui liquéfient et exportent majoritairement du gaz de schiste. Cependant, elle ne met pas un terme à son mandat de conseil dans de tels projets alors qu’elle est notamment impliquée dans le terminal Texas LNG, dans la Vallée du Rio Grande aux États-Unis, lui aussi contesté.

« La transition énergétique, l’autre nom du développement économique' »

« Ces mesures conduiront BNP Paribas à cesser progressivement ses financements avec un nombre significatif d’acteurs qui ne s’inscrivent pas activement dans la transition vers une économie bas carbone » précise le groupe dans un communiqué. « Mon point de vue de banquier est que la transition énergétique est aujourd’hui l’autre nom du développement économique » écrit Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas dans une tribune sur Linkedin.

En amont de la COP21, les principales banques françaises s’étaient engagées à renoncer au charbon et ont renforcé leurs mesures depuis. Aucune d’entre elles ne finance plus directement de nouveau projet de mines et de centrales dans le monde. Et elles excluent les entreprises majoritairement dépendantes du charbon. BNP Paribas a ainsi déjà cessé de travailler avec une quarantaine d’entreprises mais, selon les informations des Amis de la Terre, elle continue de financer par exemple le coréen Kepco qui prévoit plus de 10 gigawatts de nouvelles capacités charbon.

La banque s’est par ailleurs fixé un objectif de 15 milliards d’euros de financement des énergies renouvelables à horizon 2020, d’investir 100 millions d’euros dans les start-up spécialisées dans la transition énergétique et de mener une politique ambitieuse dans le domaine des obligations vertes.

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